Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Fimeco Baker Tilly Expert-Comptable Audit et Conseil

Pour évaluer une start-up, il faut concilier les points de vue

Pour évaluer une start-up, il faut concilier les points de vue

Les méthodes classiques d’évaluation d'entreprise sont inadaptées aux jeunes pousses. Extraits du livre « Ma start-up du garage au succès ! » de Didier Chambard et Ines Sen, publié chez Agora entreprise.

La réponse à la question de la valorisation d’une start-up est délicate et simple à la fois : il n’y a pas de méthode applicable et c’est donc l’accord négocié entre l’entrepreneur et l’investisseur qui la détermine. Pourtant, quand on se penche sur les livres de gestion financière, on constate qu’un chapitre est en général consacré aux méthodes permettant d’approcher la valeur d’une entreprise. Certains d’entre vous ont certainement eu l’occasion de travailler avec l’aide du « Finance d’entreprise » de Pierre Vernimen et ses successeurs Pascal Quiry et Yann Le Fur. Repartons des bases de fonctionnement de ces méthodes et rapprochons-les de la notion d’incertitude.

Le « Vernimen » classe les méthodes en deux grandes catégories, les méthodes intrinsèques et les méthodes relatives qui elles-mêmes se subdivisent en méthodes directes et méthodes indirectes.

Les méthodes intrinsèques sont celles dont le mécanisme de détermination est lié aux capacités propres de l’entreprise, indépendamment du reste du monde. Les DCF (ou Discounted Cash-Flows) font partie de cette catégorie.

Les méthodes relatives sont celles qui fonctionnent par comparaison avec d’autres sociétés, par exemple en s’appuyant sur des transactions récentes éventuellement agrémentées de correctifs.

Pas adaptées aux start-up

Ces méthodes ont été imaginées il y a longtemps (la plus récente remonte aux années 1960 – 70) et n’ont pas du tout été conçues pour être appliquées au monde des entreprises naissantes. Elles sont au contraire pensées pour des entreprises bien installées ayant un recul important sur leur marché et pour lesquelles l’exercice des prévisions commerciales est habituel et assez fiable avec des marges d’erreurs minimes.

Or, la start-up est par essence même en train « d’inventer » son avenir et il n’est pas possible d’apprécier la fiabilité de prédictions commerciales. Ces méthodes ne sont donc pas adaptées à la start-up qui invente son avenir en situation de forte incertitude et a fortiori en incertitude objective.

Trouver un consensus

Dès lors, la position de l’investisseur sur la participation qu’il souhaite obtenir en contrepartie de son financement est bornée entre deux limites : une limite inférieure en deçà de laquelle l’investisseur ne peut assurer statistiquement la rentabilité de ses investissements ; une limite supérieure au-delà de laquelle il peut raisonnablement craindre de démotiver l’entrepreneur et son équipe ce qui peut avoir pour conséquence une bien moindre valeur de sortie, de rendre difficile, voire impossible, la survenance des tours de financement suivants car trop dilutifs pour les fondateurs, avec à nouveau le risque de démotivation.

Le point de vue de l’entrepreneur et celui des investisseurs ne sont pas si opposés, les rapprocher doit passer par la recherche mutuelle d’un consensus et non par la poursuite illusoire d’une valeur objective.

source : business.lesechos.fr

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article