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Ces entrepreneurs qui se coupent du monde pour mieux revenir

Ces entrepreneurs qui se coupent du monde pour mieux revenir

Partir loin, se déconnecter et se couper du monde peuvent être un remède aux maux des entrepreneurs. Une retraite peut même donner un coup de pouce à l'inspiration entrepreneuriale.

Tous les 7 ans, le célèbre designer new-yorkais Stefan Sagmeister s’arrête de travailler pendant 12 mois. L’idée lui est venue quand il s’est rendu compte que les projets de son agence commençaient à se ressembler, qu’ils n’étaient plus aussi créatifs et que, tout simplement, il se lassait de son métier. Cette année sabbatique lui permet de tester de nouvelles choses, de se ressourcer, de trouver de l’inspiration ailleurs. Et à chaque fois, son équipe revient avec assez d’idées pour tenir les sept suivantes. Il a d'ailleurs partagé les bienfaits de ce time off dans une conférence TED il y a quelques années. 

En 2015, l’entrepreneur du web Loïc Le Meur vantait aussi les mérites de sa retraite méditative. « La concentration me vient plus facilement, ma mémoire est meilleure et le contrôle de moi-même également », expliquait -il à l’époque, malgré la dureté de l’exercice (dix heures de méditation dans un silence total, pendant dix jours !). 

Pas de panique, vous n’avez pas forcément besoin de vous infliger un régime aussi drastique pour souffler. Après avoir laissé la présidence de Melty, Alexandre Malsch est par exemple parti 16 jours à Bali.

« Je trouvais que c’était intéressant de faire une petite coupure avant de partir sur mes prochaines aventures », nous a-t-il expliqué à son retour. Le choix de l’entrepreneur s’est porté sur l'île indonésienne, suffisamment loin pour ne pas pouvoir revenir en quelques heures, et pour ses spots de surf, son exutoire.

Matthieu Dardaillon, initiateur et co-fondateur de Ticket for change, ressentait lui de la « fatigue physique, un manque d’inspiration » et « ne (se) sentait pas à la place où (il) pouvait avoir le plus d’impact dans (son) organisation ». Il est donc parti cinq semaines dans cinq lieux différents, de la Lozère au Nord en passant par le Maroc, « où (il) était au calme, quasiment seul, mais où (il) a pu rencontrer des personnes inspirantes ».

Comment se passe le sevrage des mails, des réseaux sociaux, et du bourdonnement incessant mais addictif qui accompagne ces entrepreneurs au quotidien ? Alexandre Malsch n’a gardé qu’Instagram sur son téléphone, pour pouvoir partager son expérience, et n’a craqué « qu’une ou deux fois » pour répondre à un mail et consulter Facebook, le soir de l’élection présidentielle.

Pas de sensation de manque non plus pour Matthieu Dardaillon qui s’est contenté de « survoler ses mails » pour « éviter le contre-coup d’en avoir 2.000 non lus à traiter » à son retour.

De nouvelles méthodes de travail au retour

Et les bienfaits d’une telle coupure ? « Ca m’a totalement régénéré, physiquement, mentalement et m’a permis de réfléchir à ce que je voulais faire, où je voulais aller », conclut le cofondateur de Melty.

Matthieu Dardaillon, qui est parti avec « plein de carnets de réflexion » écrits depuis le début de l’aventure Ticket for change, explique que ça l’a « aidé à re-définir (son) rôle idéal et à retrouver (sa) flamme du début ». Le jeune entrepreneur a d’ailleurs tiré de cette expérience de « nouvelles méthodes de travail » : aucun rendez-vous le matin, un enchaînement de rencontres « les plus courtes possibles » l’après-midi.

Un temps de réflexion professionnelle

« La semaine prochaine, je vais partir une semaine à la montagne pour travailler sur la vision de l’organisation, c’est quelque chose que je ne me permettais pas avant », conclut-il.

La retraite comme coupure, donc, mais aussi comme temps de réflexion professionnelle. Un créneau sur lequel se sont positionnées plusieurs startups, comme Swenson House, qui propose depuis quelques mois « un espace les pieds dans l’eau sur la côte bretonne », comme le décrit son cofondateur Kévin Le Goff.

A la fois espace de co-working et résidence pour des retraites, les entreprises profitent de ce lieu et ce temps à part pour souvent se concentrer sur un seul sujet stratégique.

Swenson organise également des retraites ponctuelles dans d’autres lieux, comme à Biarritz ou à Bali qui, décidément, de Stefan Sagmeister à Alexandre Malsch, attire de nombreux entrepreneurs en mal d’air pur.

source : business.lesechos.fr

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