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Aidons nos entrepreneurs à rebondir après un échec

Aidons nos entrepreneurs à rebondir après un échec

En France, les chefs d'entreprise mettent trop de temps à se relever d'un échec entrepreneurial. Il faut les accompagner et leur donner les moyens de rebondir.

« Il faut échouer vite pour espérer réussir ». Ces mots, du dirigeant de Salesforce, le champion californien de la relation client, illustrent bien l’absence de fatalisme qui prévaut dans la Silicon Valley face à l’échec entrepreneurial. Pourtant, à l’heure où Emmanuel Macron souhaite faire de la France une « start-up nation », force est de constater qu’il en va tout autrement dans notre pays qui continue de refuser le droit à l’erreur à nos entrepreneurs.

Si l’indicateur 040, qui fichait durant 3 ans le chef d’entreprise après une liquidation judiciaire, a été supprimé en septembre 2013, il reste aujourd’hui très difficile et long en France pour un entrepreneur de rebondir après un échec : 8 ans en moyenne, contre 1 an en Finlande.

Prise de conscience sans effet

Chaque année, ce sont ainsi près de 100.000 entrepreneurs qui se voient privés d’une chance de rebondir suite à la liquidation ou la vente de leur entreprise. Impossible pour eux de trouver un employeur ou de lancer une nouvelle entreprise pour se dessiner un avenir. Et les textes existants, sur le rétablissement professionnel notamment, apparaissent inefficaces.

Si les pouvoirs publics ont paru prendre conscience de cet enjeu, leurs intentions n’ont malheureusement pas été suivies d’effet à ce jour. Une feuille de route avait été annoncée en 2014 par Fleur Pellerin, un rapport sur le sujet a été commandé en 2016 par Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie mais aujourd’hui aucune mesure n’a été prise pour accompagner le rebond…

Alors qu’un projet de directive européenne sur le sujet est en discussion, le Centre d’information sur la prévention des difficultés des entreprises (CIP National) souhaite, dans le prolongement de son accompagnement économique et psychologique des chefs d’entreprises, faire avancer les réflexions en formulant des propositions concrètes pour favoriser le rebond. Avec une ligne directrice : rendre la « faillite » moins douloureuse et traumatisante pour le chef d’entreprise pour lui donner les ressources d’accéder à une seconde chance.

Simplicité, moyens financiers et accompagnement

Car de quoi ont-ils besoin nos chefs d’entreprise en difficulté ? De temps. Pour leur en donner, nous proposons d’allonger de 2 à 6 mois le délai imparti pour effectuer la demande de remise de dettes auprès de la Commission des chefs de services financiers (CCSF) suite à l’ouverture d’une procédure de conciliation, de sauvegarde ou de redressement judiciaire.

Ce délai, actuellement trop court, entraîne trop souvent la forclusion. Il faut ensuite mettre à l’abri de toute poursuite les chefs d’entreprise qui visitent les CIP, le temps de surmonter leurs difficultés, comme c’est le cas avec la médiation du crédit.

De simplicité. Ainsi, nous proposons d’uniformiser la déclaration de cessation des paiements (DCP) : le document Cerfa actuellement disponible est ancien et les greffes des tribunaux de commerce ont chacun créé leur propre trame. Il est indispensable de proposer un formulaire standardisé de DCP (éléments juridiques et financiers) mis à disposition en ligne, pour l’ensemble du territoire.

De moyens financiers. Il est donc primordial de lever l’interdiction bancaire pendant les procédures amiables ou collectives qui prive le dirigeant de moyens de paiement, rendant la gestion de son entreprise très compliquée.

D’être accompagné et entouré surtout. Nous militons pour une prise en en charge des honoraires des «experts de crise» (experts-comptables, avocats, mandataires…) via une «Assurance entreprises en difficulté» : les assureurs pourraient introduire, dans les différents contrats d’assurance proposés aux chefs d’entreprise intéressant l’entreprise ou le dirigeant (responsabilité civile, responsabilité civile professionnelle, perte d’exploitation, …), cette couverture.

Ce n’est qu’une fois toutes ces conditions réunies que les dirigeants de nos 3,2 millions entreprises ne seront plus tétanisés à l’idée de connaitre un échec. Car leur confiance dans la perspective de rebond serait renforcée. Bon nombre de nos 100.000 entrepreneurs en rebond pourraient ainsi trouver un employeur ou créer une nouvelle entreprise permettant la création de nouveaux emplois. Et contribueraient ainsi au plus large rebond de notre économie.

William Nahum est le président du CIP National

source : www.lesechos.fr

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