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Un gaz «vert» made in France !

Un gaz «vert» made in France !

Grâce au projet Biomet, la jeune entreprise Arol Energy a construit le premier équipement de traitement du biogaz en Savoie. Une première en France depuis que la loi de transition énergétique a fixé à 10% la consommation de gaz «vert» d'ici 2030.
 
Avec Arol Energy (1 M€ de CA), créé en 2012, au Bourget-du-Lac en Savoie, David Bossan, 47 ans (MBA HEC) a misé sur la production d’une énergie peu coûteuse, la valorisation des déchets et l’amélioration de la qualité de l'environnement. Son cœur de métier ?
 
La conception, l’installation et la maintenance d’équipements de traitement et de valorisation énergétique des gaz de biomasse, du biogaz en particulier. Pour cet ingénieur spécialisé dans le traitement des gaz et la valorisation énergétique, la rencontre avec le président de l'IFP Énergies Nouvelles (organisme public de recherche, d'innovation et de formation dans les domaines de l'énergie, du transport et de l'environnement) est à la base du projet Biomet qui a débuté en 2015.
 
L'idée ? Construire le premier site industriel français capable d'épurer le biogaz, un gaz vert produit à partir de déchets issus de l'industrie agro-alimentaire, de la restauration collective, de déchets agricoles et ménagers…, afin qu'il puisse être injecté dans le réseau de distribution de gaz naturel  à un coût réduit.

Une technologie de pointe

«Nous proposons un exclusivité mondiale dans le domaine du biogaz», se réjouit David Bossan. Ambitieux, le projet Biomet utilise de nouvelles technologies pour purifier le biogaz à plus de 98%, qui devient alors du biométhane. Surtout, en fonctionnement depuis mars dernier, ce premier équipement de traitement du biogaz améliore la performance économique de la production de biométhane pour une meilleure rentabilité, en réduisant l'impact carbone. Objectif ? Mettre sur le marché des modules de traitement et d’épuration.
 
«Le biogaz brut est composé de 50 % de méthane et pour 50% de CO2, d’eau et de composants plus ou moins toxiques. Pour pourvoir être injecté dans le réseau de gaz naturel il faut le traiter. La technologie chimique n'est pas nouvelle dans le biogaz, même si nous sommes les seuls à la proposer en France. Mais le projet Biomet a permis de réduire les coûts de purification et d'améliorer la rentabilité de 15 à 20% !».
 
La purification du biogaz en fonctionnement sur le premier site savoyard s'effectue en 2 étapes. D'abord le tri des différents composants du biogaz, via un pré-traitement qui consiste à «retirer notamment l'eau et les composés organiques». Dans un second temps, l'extraction du CO2.
 
Si cette étape de capture de CO2 par voie chimique est une technologie couramment utilisée dans la transformation du biogaz en biométhane, le projet Biomet y apporte une nouveauté avec sa molécule aminée qui réduit ainsi la chaleur dans le processus de purification.
 
On s'en doute, cette technologie intéresse les collectivités locales, les groupements agricoles, les stations d’épuration des eaux, les usines de traitement des déchets… tous soucieux de produire une énergie verte à moindre coût ! Bon nombre se lancent dans des projets de production et d'injection du biométhane et cherchent les meilleures solutions.
 
Ainsi, à l'horizon 2030, entre 500 et 1.400 sites devraient injecter du biométhane dans le réseau (feuille de route méthanisation de l'Ademe, scénarios bas et haut), ce qui représentera 16% de biométhane, soit entre 5.000 et 16.000 GWh, c'est-à-dire la consommation de 120.000 à 390.000 logements basse consommation.

L'état du marché

Contrairement à ses voisins européens, notamment l'Allemagne, la France peine à se frayer un chemin sur le secteur du biogaz. «Lorsque j'ai créé Arol Energy, il n'existait que très peu d'expertises techniques et d'acteurs français». Ainsi, le marché européen, estimé à 500 M€, est inondé de technologies étrangères, en provenance des États-Unis et d'Allemagne essentiellement. Sur la quinzaine d'équipementiers qui œuvrent en Europe, seuls 3 ou 4 sont Français.
 
La raison ? Le secteur encore jeune à émergé dans l'Hexagone tardivement, en 2011, suite à la loi sur la transition énergétique qui a autorisé l'injection du biométhane dans le réseau de gaz naturel. Elle impose également que 10% de la consommation de gaz soit «verte» d'ici 2030, donc provenir de la méthanisation. Le secteur devrait donc connaître «une croissance de 20% par an», assure David Bossan.

L'ère des sites de méthanisation

Désormais en fonctionnement, le démonstrateur Biomet, auquel l'IFPEN a apporté son expertise en matière de design et son nouveau solvant, devrait convaincre les futurs clients à la recherche de solutions françaises, pérennes et économiques. Pour David Bossan, l'objectif est évidemment de construire d'autres équipements de ce type pour un coût de 1,5 et 3 M€.
 
Car l'ingénieur l'affirme : «À terme, le marché de la consommation de gaz va se modifier en profondeur. Alors que la consommation de gaz naturel tend à baisser avec le temps en raison de l'épuisement des ressources, à l'échelle de quelques décennies, la consommation devrai grimper à condition de produire du gaz vert à moindre coût».

Le démonstrateur Biomet en action

Le projet Biomet a mise au point une nouvelle technologie de traitement du biogaz. Il porte sur la purification d’un biogaz issu de fermentation en biométhane, dans une perspective de réinjection sur le réseau. Cette solution de purification de biogaz issu de déchets a permis d’améliorer la rentabilité et de produire de l’énergie moins chère.
 
À l’origine du projet, Arol Energy et l’IFPEN ont noué un partenariat avec une entreprise qui souhaitait se proposer comme démonstrateur. Le démonstrateur est en place en Haute-Savoie, à Terragr’eau, et déjà fédère Danone, une communauté de communes, des groupes industriels... 50 agriculteurs participent et apportent leurs déchets à l’unité de méthanisation.

Qu'est-ce que le biogaz ?

Le biogaz qui représente l'avenir est en réalité un simple mélange de méthane et de gaz carbonique qui provient essentiellement de la fermentation des déchets agricoles et agroalimentaires.
 
Ces déchets sont ensuite dégradés et transformés dans des unités de méthanisation. Le biogaz contient environ 40 à 60% de méthane et 40 à 60% de CO2 ainsi que quelques traces d'autres composés toxiques et de l'eau. Pour sa part, le biométhane est un biogaz qui a subi une épuration poussée grâce à laquelle il atteint le même niveau de qualité que le gaz naturel.
 
Le projet Biomet bénéficie du soutien de l’État dans le cadre du Programme d'investissements d’avenir opéré par l'Ademe.

source : www.entreprendre.fr

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