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New York, Barcelone, Londres... Elles ont créé leur entreprise à l’étranger

New York, Barcelone, Londres... Elles ont créé leur entreprise à l’étranger

Comme des milliers de Français, elles ont sauté le pas et ont lancé leur entreprise. La seule différence ? Elles ont décidé de s'implanter en dehors de la France. 

New York, Sydney, Londres ou Barcelone… Chaque année, de nombreux Français se lancent dans l’entrepreneuriat à l'étranger. Un mouvement qui semble s'accentuer ces dernières années. Selon une étude de la CCI de Paris (1), datant de mars 2014, deux expatriés français sur dix sont des créateurs d'entreprise, contre un sur dix en 2004. Cinq entrepreneures qui se sont lancées à l’étranger nous racontent leur choix.

Mlle Sophie à New York

Son parcours : Tout commence par une passion. Mordue de tricot depuis l’enfance, celle qui a travaillé dans la décoration d’intérieur et dans la communication plaque tout pour monter sa première société, Paul et Sophie, à New York en 2011. «Je me suis dit, "aux États-Unis, tout est possible"», souffle-t-elle. Poussée par son entourage, qui l'a toujours connue avec un tricot à la main, elle décide alors de vendre des kits de naissance, fait main, en cachemire. Cependant, tout s'arrête quand son visa de travail prend fin. Elle profite de cette pause forcée dans l’attente de la green card pour prendre des cours à l’Academy of Art de San Francisco. L’idée ? «Se perfectionner et approfondir quelques techniques.»

En parallèle, elle lance un blog et propose un tutoriel. Devant le succès qu’elle acquiert sur la Toile, elle remonte un nouveau concept autour de son produit iconique : «Le trendy châle». Breaking the Wool est né.

Les différences avec la France ? Mlle Sophie qui a connu l’entrepreneuriat en France pendant trois ans pointe la facilité d’entreprendre aux États-Unis face aux «lourdeurs administratives» françaises. «Aux États-Unis, la première année, il n’y a pas de charges patronales. C’est plus simple aussi car il n’y a pas autant de paperasses qu’en France», explique-t-elle. «J’ai le sentiment qu’on vous laisse votre chance.»

Alexandra Prigent à Londres

Son parcours : Diplômée d’HEC, Alexandra Prigent travaille chez Goldman Sachs à Londres quand elle tombe gravement malade. «Les exigences de voyages imposées par mon poste n’étaient plus tenables». Un changement de vie s'impose. Elle décide de travailler avec les sportifs, un monde qu’elle connaît bien : «Pendant ma scolarité, je pratiquais le patinage artistique à un niveau national». Dix ans après son diplôme, elle retourne sur les bancs de l’école afin d'étudier «l'anatomie, la physiologie, la biomécanique et le pilates» et de se spécialiser «dans les programmes de conditionnement des sportifs».

À l'été 2012, elle lance Pilates Excellence et donne des cours individuels de pilates à domicile ou dans les centres de formation des athlètes. En 2015, elle fonde une deuxième entreprise, APL, qui propose du conseil en stratégie de communication, basée sur le body intelligence et le storytelling. Une fusion de ses «deux personnalités». «Ma vie professionnelle a finalement été un parcours pour me trouver. J’ai commencé en sport études, ensuite j’ai fait HEC, puis je suis rentrée à Goldman Sachs, enfin j'ai étudié le conditionnement sportif et aujourd’hui je combine tout», analyse-t-elle.

Les différences avec la France ? Alexandra Prigent note «une forme de bienveillance envers les entrepreneurs» de la part de l’administration britannique. «Quand j’avais un doute, j’appelais le service des impôts et j’étais toujours conseillée», confie-t-elle.

Elsa Secco en Australie

Son parcours : C'est une envie d'ailleurs qui a guidé Elsa Secco. Diplômée en ingénierie numérique avec une spécialité en graphisme et illustration, elle commence par passer deux années dans l'agence Biborg à Paris. Elle travaille dans les jeux vidéo et le divertissement. Puis en mars 2014, elle s'envole pour l'Australie avec l’idée de s’y implanter. Le pays, le climat, l’environnement... Tout l’attire. Mais pas question d’enchaîner les petits boulots à la façon des backpackers. Elle débute en freelance «pour tisser un réseau». Cependant, rapidement se pose la question du visa. Pour rester travailler sur place, il faut être «sponsorisée par une entreprise». Conseillée par des personnes sur place, elle découvre que l’une des solutions est de la créer soi-même. Qu’à cela ne tienne, elle lance Eleven Keys avec Jonathan Guyader, en août 2015.

Les différences avec la France ? Elsa Secco a choisi d’avoir recours aux conseils d’un avocat. «C’est très facile, il suffit de déposer un nom et payer quelques centaines de dollars», explique-t-elle. Le plus compliqué, selon la jeune graphiste, c'était plutôt «l'étape immigration». Elle bénéficie actuellement d'un visa d’employée d'une durée de dix-huit mois. «Il faudra le renouveler au mois de juillet. Ils veulent vérifier que la société tourne bien.» Confiante ? «Disons qu’on ne peut jamais être sûre.»

Kathleen Reiss à Barcelone

Son parcours : Elle arrive à Barcelone pour une année Erasmus et décide d'y rester. La designer produits et textiles commence par travailler en freelance. Puis la crise arrive et tout se complique. En 2008, elle rentre alors brièvement en France dans un objectif bien précis. «J’avais découvert le home staging (mise en valeur et dépersonnalisation d'un bien immobilier dans l'objectif de le vendre, NDLR) dans la presse française, j'ai décidé de me former.» À son retour, elle lance BCN Home Staging. «Au bout de six mois, on a vu qu’il y avait du potentiel. Mon mari a quitté son job pour me rejoindre», se rappelle-t-elle. En pleine crise immobilière, ils apportent un service clé en main qui séduit les agences.

Les différences avec la France ? Les débuts sont parfois durs. «Ce n'est pas facile de s’implanter dans un milieu dans lequel on n'a aucun contact et dans un secteur que l’on ne connaît pas. On a dû s'adapter et tout découvrir sur le tas», explique la designer. «En Espagne, les jeunes entrepreneurs sont moins aidés qu'en France. Au début, on avait des charges très lourdes et des impôts élevés», raconte Kathleen Reiss. «Le statut d’entrepreneur n’est pas comparable avec la France. On est beaucoup plus livré à nous-même

source : madame.lefigaro.fr

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