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Les startups cathos s’organisent autour du label ChurchTech

Les startups cathos s’organisent autour du label ChurchTech

L’association Eglise et innovation numérique a profité de la deuxième soirée PitchMyChurch, qui s’est tenue à Paris début février, pour annoncer la création du label Church Tech.

Objectif : fédérer les entrepreneurs chrétiens et valoriser leurs startups innovantes, qui veulent faire entrer l’Eglise dans le XXIè siècle numérique. Une vingtaine de startups ont rejoint le mouvement.

Les entrepreneurs chrétiens veulent sortir de l'ombre. Après les fintech, les biotech, les adtech (technologies dans la publicité), les beauty tech ou encore les legal tech, les startups de la «cathosphère» s'organisent elles aussi, autour d'un label baptisé ChurchTech. Lancée en fin de semaine dernière par l'association Eglise et innovation numérique, l'initiative -qui reprend à son compte les codes visuels de la French Tech- vise à fédérer et à promouvoir les startups qui veulent moderniser l'Eglise et la pratique de la foi grâce aux nouvelles technologies.

Pour l'heure, une vingtaine de startups ont rejoint le mouvement. Parmi elles figurent GoConfess (le « Uber de la confession » pour mettre en relation les prêtres disponibles avec les âmes en peine à proximité), La Quête (digitalisation défiscalisée de l'offrande), Entourage (un réseau social pour coordonner les maraudes d'aide aux plus démunis), Godblessyoo (une appli pour bénir ses proches), Hozana (le « Facebook » de la prière) ou encore Ephatta (une plateforme d'hébergement pour encourager l'hospitalité chrétienne).

Favoriser l'éclosion des "digital prophètes"

Indépendant de la French Tech, le label ChurchTech vise à entretenir et à développer la flamme entrepreneuriale des geeks cathos. Pour obtenir le saint sésame, les startups doivent répondre à trois commandements. Le premier est la disruption dans l'obéissance à l'Eglise, c'est-à-dire créer des nouveaux services innovants, mais qui répondent à un réel besoin identifié par les institutions religieuses ou les croyants. Le deuxième est de mettre le numérique au service du réel, autrement dit favoriser grâce aux outils virtuels la rencontre physique et le partage, comme le fait GoConfess entre les prêtres et les pêcheurs. Enfin, le troisième critère est la durabilité, c'est-à-dire des projets qui sont pensés en amont pour s'inscrire dans le temps, loin de la logique financière de nombreuses startups, dont plus de neuf sur dix ne survivent pas à leur première année.

De son côté, le réseau entend dupliquer ce que le fait la French Tech avec l'écosystème d'innovation français, comme l'explique François Pinsac, multi-entrepreneur de 25 ans et président de l'association Eglise et innovation numérique:

« Le label vise à fédérer les compétences et les passionnés, à inspirer les vocations de « digital prophète » chez les jeunes entrepreneurs, et à promouvoir les projets innovants avec des événements comme PitchMyChurch qui attirent l'attention médiatique et publique autour de beaux projets »

La ChurchTech, un tout petit écosystème en pleine expansion

Même si le mouvement est très jeune, la Church Tech se développe vite. Début 2016, seule une dizaine de startups « sérieuses » s'attaquaient à la numérisation de l'Église. « Désormais, il y en a plus du double, rien qu'en France, sans compter les multiples projets, des plus sérieux aux plus farfelus, qui veulent tous participer à la moderniser la pratique de la foi », estime François Pinsac.

Effectivement, la Church Tech apparaît de mieux en mieux organisée. Autour des startups gravite tout un écosystème qui ne demande qu'à exploser. Il y a des business angels, des financeurs comme le réseau participatif CredoFunding (qui a financé des projets à hauteur d'un million d'euros en 2016), des agences de communication digitale (notamment Noé 3.0, spécialisé dans « l'évangélisation par les réseaux sociaux »), des acteurs institutionnels (diocèses et prêtres favorables à l'arrivée du numérique dans l'Église), des associations (dont Église et innovation numérique, qui organise l'événement PitchMyChurch) et aussi des relais médiatiques, notamment la chaîne de télévision KTO, qui offre aux entrepreneurs une plateforme pour promouvoir leurs projets et toucher la communauté des fidèles.

Prochaine étape : la reconnaissance officielle de la French Tech ?

Pour l'heure, le label ChurchTech ne dispose d'aucune reconnaissance institutionnelle. Mais François Pinsac a multiplié les appels du pied auprès de la French Tech et espère que la ChurchTech deviendra en 2018 une de ses déclinaisons, comme le sont les métropoles régionales labellisées ou encore la Beauty Tech de Chartres.

Pour l'heure, la French Tech s'est contentée d'autoriser le label à s'inspirer de son célèbre coq pour créer son logo. Celui de la ChurchTech représente un poisson-ichthus, symbole des premiers chrétiens, dessiné en origami comme le logo de la French Tech.

Mais cette reconnaissance tant espérée pourrait être difficile à obtenir. Au-delà de la taille microscopique de la ChurchTech, la French Tech soutient jusqu'à présent des territoires et non pas des thématiques. De plus, la French Tech est une initiative publique. Par conséquent, l'État peut-il appuyer des startups « religieuses » sans faire une entorse au principe de la laïcité ? « C'est une vraie interrogation, admet François Pinsac. Mais la Church Tech innove, créé des emplois et lève des fonds. Nous sommes avant tout un écosystème d'innovation, comme les beauty tech et les fintech, pas une initiative religieuse ».

source : www.latribune.fr

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