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Comment les entreprises peuvent s’adapter aux mutations pédagogiques

Comment les entreprises peuvent s’adapter aux mutations pédagogiques

L’enseignement ne ressemble plus à ce qu’il était, les étudiants non plus. Quelles sont alors les mesures pour adapter l’apprentissage à son époque et continuer à attirer jeunes dans l’entreprise ?

La manière dont nous formons les étudiants, au-delà des connaissances et des compétences, a des conséquences importantes sur leurs attentes vis-à-vis de nos entreprises. Les écoles doivent donc être conscientes des obligations de changements, parfois disruptifs, qui s'imposent à elles.

Prenons trois exemples : le marketing et la communication, la création artistique ou l'expertise informatique. Dans ces trois cas, des modalités pédagogiques doivent être mises en place afin de préparer les étudiants au monde de demain, en favorisant la culture du projet, le sens de l'initiative et le fameux « apprendre à apprendre ».

Ainsi, personne n'oserait plus affirmer à ces étudiants qu'ils « ne comprennent pas l'entreprise » ou qu'ils « n'ont pas d'expérience ».

Symbiose

L'enseignement en « mode projet » ou un autre rapport au temps : cette révolution conduit les étudiants à privilégier d'abord l'expérimentation afin que la théorie vienne ensuite éclairer la démarche.

En diminuant la part des cours classiques, on revalorise le savoir, on transforme efficacement la relation entre enseigné et enseignant, on stimule le sens de l'action, on laisse place à l'expérimentation...

Il reste à ce que cette transformation pédagogique corresponde aux modalités de travail proposées aux jeunes diplômés au sein des entreprises.

Parfois la symbiose est parfaite, parfois la déception domine quand il faut se confronter aux lenteurs des processus et pesanteurs des organisations.

Auto-apprentissage

Une responsabilisation accrue de l'étudiant, acteur de son parcours de formation : la conscience que les savoirs ne sont pas des stocks qui se valorisent au fil des ans mais des flux qu'il convient d'optimiser n'est pas nouvelle.

"Les savoirs ne sont pas des stocks qui se valorisent au fil des ans mais des flux."

Or l'idée que le temps de l'insertion dans l'entreprise n'est pas seulement celui de la transmission passive mais aussi celui de la curiosité personnelle élevée au rang de vertu et de l'auto-formation permanente, ne rencontre pas toujours un bel accueil en entreprise.

Parfois, les préoccupations liées à l'efficacité immédiate, à la productivité, se heurtent à celles de l'auto-apprentissage.... Évaluer la capacité d'auto-apprentissage des collaborateurs devrait devenir un critère aussi essentiel que les seuls acquis via les processus traditionnels de formation permanente ou continue.

Esprit d'équipe

La « culture de l'esprit d'équipe » face à la performance personnelle en entreprise. Les enseignements doivent être dominés par la dimension du « team », qui s'exprime concrètement par le développement de projets entrepreneuriaux qui deviennent vite des mini start-ups (Prestashop, Melty, ou encore Digischool en sont quelques exemples).

On a dit et redit que l'entreprise qui réussissait le devait à l'esprit d'équipe qui l'animait. Or, bien souvent les normes d'évaluation se réduisent à une appréciation individuelle

Droit à l'échec

Le droit à l'échec dans le processus d'innovation : favoriser les tentatives, l'expérimentation, en considérant que le « droit à l'échec » fait partie du processus de la réussite, s'intègre aisément aujourd'hui dans le projet pédagogique d'une école mais pas toujours dans une entreprise.

Si la vertu de l'échec est incontestable dans le processus d'innovation, l'entreprise se heurte à une réalité toute autre, dictée par l'impératif de la réussite immédiate et l'absolue nécessité de « ne perdre ni temps ni argent ».

Casser les rythmes

Les vertus de l'instabilité et de l'inattendu : rien n'est pire pour cette génération de l'immédiat et de l'impatience que la routine. Les formations proposées doivent donc chercher à « casser les rythmes », à développer les contre-pieds et les difficultés.

Ce qui compte c'est de former pour opérer non dans la facilité et la linéarité mais dans la contrariété et l'inattendu.

Inversion

Apprendre à apprendre, non attendre pour apprendre : La généralisation des principes de classe inversée conduit les étudiants à comprendre qu'avec les outils actuels ils disposent d'une partie des réponses dès lors qu'ils sortent des sentiers battus. Ils vont à la recherche de solutions avec comme seul levier leur propre sens de l'initiative. On peut critiquer Google ou Wikipédia,... Mais considérer qu'on est « toujours à un clic du savoir utile » transforme les mentalités et le rapport à la sphère de connaissances.

Ce qui vaut chez nous vaut pour la vie des entreprises. On ne progresse aujourd'hui qu'en pensant en flux ses connaissances et ses compétences.

source : www.lesechos.fr

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