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PME : la prime à l’embauche raccourcie de six mois pour financer la formation des chômeurs

PME : la prime à l’embauche raccourcie de six mois pour financer la formation des chômeurs

Le gouvernement va arrêter la prime à l’embauche pour les PME fin juin 2017. Les économies ainsi dégagées serviront à financer 165.000 formations de chômeurs sur le premier semestre.

Après le suramortissement, qui s'arrêtera de manière lissée en avril prochain, une autre mesure phare ne sera pas maintenue jusqu'à la fin 2017, contrairement à ce qui était prévu. Le gouvernement veut arrêter la prime à l'embauche pour les PME, pour laquelle 1,9 milliard d'euros sont inscrits dans le budget 2017, fin juin, avec six mois d'avance donc. Il propose que les crédits ainsi dégagés servent à financer, via les régions et Pôle emploi, une prolongation sur le premier semestre 2017 du plan « 500.000 formations supplémentaires » de chômeurs, à hauteur de 165.000 formations de plus. Soit, si l'on prend la moyenne de 3.000 euros par formation du plan « 500.000 », une enveloppe d'un demi-milliard d'euros, non confirmée à ce stade.

Eviter les « effets d'aubaine »

Entrée en vigueur début 2016, la prime concerne toutes les embauches en CDI ou CDD de plus de six mois, entre 1 et 1,3 fois le SMIC dans les entreprises de moins de 250 salariés. L'employeur touche 2.000 euros par an pendant deux ans. L'objectif de 1 million de contrats bénéficiaires de la prime fixé pour 2016 devrait être atteint.

Mais au sein de l'exécutif, on fait le constat que ce dispositif est très efficace en phase de reprise, et qu'en juin prochain, l'économie française aura dépassé ce stade, nombre de clignotants étant bien orientés. « Maintenir cette aide au-delà du premier semestre 2017 ne produira que des effets d'aubaine », indique-t-on dans l'entourage de la ministre du Travail, Myriam El Khomri. En clair : les PME embaucheront même sans ce coup de pouce. Cette décision ne manquera cependant pas d'être considérée comme un nouveau coup de griffe du gouvernement pour la prochaine majorité issue des urnes.

Un effort sans précédent

Annoncé par François Hollande en janvier, le plan « 500.000 formations supplémentaires » et le milliard d'euros associé mis sur la table par l'Etat, représentent un effort sans précédent, visant à doubler l'effort annuel de formation des demandeurs d'emploi. On n'est pas loin du compte selon le ministère du Travail : entre les entrées en formation, les inscriptions, les accompagnements à la création d'entreprise ou les contrats de professionnalisation, on en était à 945.000 fin septembre. En prenant sur les crédits de la prime PME, l'Etat a donc trouvé les moyens de poursuivre la dynamique, au moins sur six mois. Avec l'espoir que les régions et les partenaires sociaux s'engageront à prendre le relais.

C'était tout l'enjeu du point d'étape ce mercredi soir avec les intéressés . Etat, régions et partenaires sociaux ont partagé leurs expériences et discuté méthode. Mais aussi gros sous. Car si l'exécutif est prêt à financer 165.000 nouvelles formations sur la première moitié de 2017, il espère que les fonds paritaires dédiés à la formation professionnelle, eux aussi, servent à prolonger le plan « 500.000 ».

Le budget 2017 a inscrit pour cela une enveloppe de 350 millions, mais ce chiffre, estimé à l'été, n'est plus d'actualité. Les OPCA, ces organismes paritaires collecteurs pour la formation, pourront apporter leurs écots, mais de manière volontaire et sur la base des résultats de la mission confiée à l'Inspection générales des affaires sociales pour évaluer leurs trésoreries. Laquelle aurait montré que les caisses sont moins pleines qu'espéré... Le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels, lui, pourrait à nouveau contribuer à la formation des chômeurs, tout comme il l'a fait en 2016.

source : www.lesechos.fr

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