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Les repreneurs d’entreprise sont mal formés

Fabrice Pesin, le médiateur du crédit et le président de l'Observatoire du financement des entreprises

Fabrice Pesin, le médiateur du crédit et le président de l'Observatoire du financement des entreprises

Racheter une entreprise ne s’improvise pas. Selon le rapport de l’Observatoire du financement des entreprises, remis à Michel Sapin et Martine Pinville, l’accès au crédit pour racheter une entreprise n’est plus un problème. Les repreneurs sous-estiment en revanche la complexité administrative et doivent être mieux formés.

Les modalités du financement de la reprise d’entreprise demeurent encore mal connues par les repreneurs. Fabrice Pesin, le président de l’Observatoire du financement des entreprises et le médiateur du crédit, vient de remettre un rapport sur la question à Michel Sapin, le  ministre de l’Economie, et Martine Pinville, la secrétaire d’Etat au commerce et à l’artisanat.

Premier constat, "nos travaux ne font pas apparaître de difficulté générale d’accès au financement de la reprise, notamment pour le crédit bancaire", explique Fabrice Pesin. Les points de difficulté se trouvent plutôt au niveau de l’information des repreneurs et des cédants.

Des dossiers mal préparés

"Trop de repreneurs sous-estiment la difficulté de monter un dossier de financement pour reprendre une entreprise", confie Fabrice Pesin. Les dossiers mal préparés ou insuffisamment documentés peuvent faire échouer ou au moins retarder les transactions.

D’autant que le financement du rachat des entreprises a tendance à se complexifier. Si le crédit bancaire demeure l’outil majoritaire de financement, les banques ont tendance à assumer moins de risques seules.  "Il y a une forte tendance au cofinancement des dossiers, explique Fabrice Pesin. Même pour des opérations de 450-500 000 euros, une banque n’y va plus seule, elle préfère qu’il y ait plusieurs banques."

Côté cédant de l’entreprise, c’est souvent la fixation du prix de la société qui demeure problématique. Pour les plus petites structures, le dirigeant hésite à se faire conseiller, au risque d’en demander trop…

Mieux coordonner les acteurs

"Il y a donc un vrai sujet d’accompagnement des cédants et des repreneurs pour avoir le bon prix de cession et monter le bon dossier de financement", estime Fabrice Pesin. L’offre de formation est pourtant pléthorique, notamment dans les Chambres de commerce et d’industrie. Mais la multitude d’acteurs (notaires, avocats, experts-comptables, Régions, fonds régionaux, etc.) rend le paysage illisible. "Il y a donc un vrai sujet de coordination des acteurs", estime le médiateur du crédit.

Enfin, les banques demandent des garanties plus solides sur les dossiers de financement d’entreprise. Le nantissement sur les titres de la société est de moins en moins bien perçu, car il ne réduit pas le risque de perte de valeur. L’une des pistes préconisée par l’Observatoire du financement consiste à mieux mobiliser les garanties du Fonds européen d’investissement, encore sous-employées en raison de la complexité administrative qu’elles supposent.

600 000 entreprises bientôt à vendre

Ce rapport de l’Observatoire du financement des entreprises fait suite à plusieurs initiatives récentes pour fluidifier la transmission d’entreprises. Autour de 600 000 entreprises vont en effet bientôt être à vendre, du fait de l’évolution de la démographie des chefs d’entreprise. Un enjeu important au plan économique.

"Un dirigeant qui vieillit est un dirigeant qui investit moins, rappelle Fabrice Pesin. Et des défis comme la transition numérique des entreprises sont plus facilement relevés par des chefs d’entreprise plus jeunes."

source : www.usinenouvelle.com

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