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Fimeco Baker Tilly Expert-Comptable Audit et Conseil

Qui va toucher le pactole de Pokemon Go

Qui va toucher le pactole de Pokemon Go

 

Le jeu mobile provoque l'envolée de Nintendo en Bourse. Le géant japonais du jeu vidéo n'est pourtant pas responsable directement de l'application phénomène.

Pokémon GO continue d'électriser la valeur de Nintendo. Mardi, la capitalisation boursière de l'entreprise japonaise a atteint les 4500 milliards de yens à la Bourse de Tokyo, soit 38,4 milliards d'euros. Elle a doublé en une semaine. La valeur de Nintendo est désormais plus importante que celle d'un autre géant japonais, le spécialiste de l'électronique Sony.

Ce succès est d'autant plus impressionnant que Nintendo n'est pas l'éditeur de Pokémon GO. Le jeu est développé par Niantic, ancienne filiale de Google, en collaboration avec la Pokémon Company, qui gère les produits sous licence Pokémon dans le monde. Tous vont profiter des revenus du jeu, qui s'annoncent importants. Le 12 juillet, l'entreprise d'analyse Superdata estimait à 14 millions le chiffre d'affaires déjà engrangé en quelques jours. AppAnnie, un site spécialisé dans les applications mobile, estimait le potentiel de Pokémon GO à un milliard de dollars par an.

Un montage financier complexe

Nintendo profitera du succès de Pokémon GO, mais d'une manière indirecte. Ses gains financiers sont issus d'un montage complexe. Nintendo détient le tiers du capital de la Pokémon Company. Le reste est partagé entre Game Freaks, le studio à l'origine des autres jeux Pokémon, et Creatures Inc, spécialiste des cartes à collectionner. Nintendo détient d'ailleurs environ 10% du capital de ce dernier. Du côté de Niantic, qui développe Pokémon GO, la situation est moins claire. Ancienne filiale de Google, cette entreprise a levé l'année dernière 20 millions de dollars auprès de son ancien propriétaire, de Nintendo et de la Pokémon Company. On ignore la répartition de ce tour de table entre les différents investisseurs.

Deux autres acteurs viennent compléter ce tableau déjà chargé. Environ 30% des revenus engrangés par Pokémon GO sont récupérés par les magasins d'applications qui proposent le jeu : l'App Store, pour les iPhone, et le Play Store pour les téléphones Android. Apple devrait profiter davantage du succès du jeu, ses utilisateurs dépensant traditionnellement davantage dans les applications. Néanmoins, Google devait lui aussi récupérer une certaine somme via son investissement chez Niantic.

Ces relations établies, reste à calculer combien Nintendo pourra effectivement toucher sur les revenus de Pokémon GO. Les analyses divergent sur ce point. La banque d'investissement Jefferies estime que Nintendo pourrait récupérer jusqu'à 40% des profits du jeu, grâce à son participation chez Pokémon Company et Creatures Inc. Mais le Macquarie Group, spécialiste en conseils financiers, est bien moins optimiste, penchant plutôt pour une part de 10%. Selon cette analyse, Apple, Niantic et la Pokémon Company toucheraient chacun 30% des revenus de Pokémon GO. Une réserve partagée par la firme asiatique d'investissement CLSA, qui recommande à ses clients de vendre leurs actions Nintendo. «Il s'agit d'une sur-réaction au vu du peu de contributions de Nintendo [dans la gestion de Pokémon GO]», expliquait l'analyste Jay Defibaugh dans une note publiée vendredi dernier.

Un succès de communication

Nintendo pourrait néanmoins bénéficier du succès de Pokémon GO autrement que par des gains pécuniers. «Pokemon GO n'est que le bout de l'iceberg», estime la banque Jefferies, qui conseille, elle, à ses clients d'acheter des actions chez Nintendo. Son argument est simple: Pokémon GO est un fabuleux coup d'accélérateur à la réputation du géant japonais, que le grand public associe à tous les produits Pokémon, et une opération de communication à peu de frais. «Pour nous, la vraie question est: (...) quelle est la place pour Pokémon dans la liste des autres licences populaires que possède Nintendo?» explique-t-elle.

Le succès de Pokémon GO pourrait préparer celui des futurs jeux Pokémon, dont deux opus doivent sortir à la fin de l'année, et dont les gains seront plus directs pour Nintendo. Il est aussi un bon signe pour la stratégie mobile du géant des jeux vidéo. Nintendo a lancé son premier jeu pour smartphone au début de l'année. Baptisé Miitomo, ila connu un succès en demi-teinte. Nintendo prévoit désormais d'adapter plusieurs licences populaires sur mobile, comme Animal Crossing ou Fire Emblem. Pokémon GO est la preuve que les utilisateurs de smartphone veulent retrouver les mêmes univers que sur leurs consoles.

source : www.le figaro.fr

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