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CLASSEMENT HAPPY AT WORK : LES ENTREPRISES OÙ L'ON EST HEUREUX

CLASSEMENT HAPPY AT WORK : LES ENTREPRISES OÙ L'ON EST HEUREUX

Ce n’est pas un mythe, il existe des entreprises où les salariés sont heureux d’aller travailler. Qui sont-elles et quels sont leurs ingrédients pour créer du bonheur au travail ?

“Siffler en travaillant” n’est peut-être pas réservé aux personnages de Disney. En 2016, en France, il existe des salariés heureux d’aller travailler… Et on peut même vous dire où, grâce à la nouvelle édition du classement HappyAtWork que “Les Echos START” publient en exclusivité. Réalisé par Meilleures-entreprises.com, il met en avant les entreprises où les salariés sont le plus heureux en France, avec un focus particulier sur les juniors.

52,2% des Français sont heureux au travail

Plus de 29.000 personnes dans 4.600 entreprises ont ainsi évalué leur entreprise selon six critères (développement professionnel, environnement de travail, management, salaire & reconnaissance, fierté et “fun”). Globalement, les salariés français ont l’air de plus en plus heureux au travail : 52,2 % des salariés interrogés ont une opinion favorable de leur société, un chiffre en nette progression par rapport à l’enquête de l’année dernière (45,4 %). Mais quelles sont ces entreprises qui cultivent le bonheur ?

Première surprise : les grands groupes les mieux notés par leurs salariés ne sont pas forcément ceux auxquels on s’attend. Pas de grands noms du luxe ou de la tech, qui font habituellement rêver étudiants et jeunes diplômés. Mais des fleurons français dans des domaines variés, de l’agroalimentaire (Danone) à l’aéronautique (Safran) en passant par la défense (DCNS, le pro des sous-marins nucléaires), la distribution (Decathlon) et même la recherche avec le Commissariat à l'énergie atomique.

Constat identique du côté des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Le trio de tête se compose, en effet, de notre champion national du jeu vidéo Ubisoft, de LexisNexis, une maison d’édition juridique, ou de Voyages-sncf.com qui fait figure de grosse start-up au sein d’un groupe français ô combien traditionnel. Preuve que les Français sont (aussi) capables d’innover côté nouvelles pratiques managériales.

Les clefs du bonheur

Deuxième surprise : une relative stabilité du classement quant aux grands groupes. Parmi les 9 lauréats de cette année, 8 étaient déjà présents dans le classement 2015, même si la hiérarchie a changé. Les sociétés qui se sont saisies depuis longtemps des questions du bien-être au travail (comme Air Liquide ou Danone) semblent ainsi récompensées sur le long terme. Michelin est le seul petit nouveau et prouve que derrière une image un peu vieillotte d’entreprise plus que centenaire peut se cacher un champion de l’innovation où les ingénieurs s’épanouissent.

Mais qu’est-ce que ces grands groupes, start-up ou PME ont en commun ? Quelle est leur recette pour rendre leurs salariés heureux ? Evidemment, il n’y a pas de formule magique, mais quelques bonnes pistes identifiées en échangeant avec des experts et des salariés de ces entreprises. “Le bien-être au travail, cela ne veut pas dire enlever tout contrôle, mais mettre en place des situations saines pour l’entreprise… et ses salariés. Il y a trois piliers essentiels : le sens(sentir que son travail a une utilité), la reconnaissance (de son manager ou de ses pairs) et l’espoir (d’évoluer)”, détaille Loïck Roche, directeur de Grenoble Ecole de Management.

Confiance et responsabilités

Les jeunes actifs interrogés dans le cadre de l’étude ne disent pas autre chose : 84 % des moins de 28 ans qui travaillent dans la centaine d’entreprises labellisées HappyAtWork ont “l’impression de progresser et d’apprendre” ; 78 % ont le “sentiment qu’on leur fait confiance” ; 75 % apprécient la “qualité des relations au sein de leur entreprise” ; 73 % éprouvent du “plaisir à faire leur travail” et 70 % “trouvent du sens à ce qu’ils font”. “Au-delà des beaux locaux et des services, ce qui compte vraiment pour les salariés, c’est tout ce qui est intangible (le sentiment d’apprendre quelque chose, l’impact individuel et le sens de son travail)”, précise Célica Thellier, la responsable de l’étude de Meilleures-entreprises.com.

L’une des notions essentielles semble être la confiance. Plus les entreprises laissent leurs salariés s’organiser comme ils le souhaitent, plus ils se sentent bien au boulot… et plus les entreprises sont performantes. “C’est ce que Michelin a constaté en mettant en place il y a quelques années une politique de responsabilisation de ses salariés : les procédures émergent du terrain et sont ensuite appliquées partout”, explique Thierry Nadisic, enseignant-chercheur à l’EMLyon.

Chez Ubisoft aussi, on cultive une hiérarchie très plate avec de vrais rapports de proximité. “Il y a clairement un esprit de famille chez nous, les équipes se sentent parties prenantes des réussites de l’entreprise”, assure Olivia Campo, en charge des RH et de la communication chez Ubisoft France. Et concernant l’ambiance, la société a un mot d’ordre “faire du travail sérieux sans se prendre au sérieux” et n’impose aucun “dress code” à ses salariés. Jeans et baskets bienvenus ! Des arguments qui font mouche auprès des plus jeunes puisque l’entreprise affiche une moyenne d’âge de 32 ans.

Un autre élément qui séduit la génération Y en entreprise, c’est la possibilité d’avoir rapidement des responsabilités. Comme le dit très bien ce jeune cadre d’ExxonMobil interrogé dans l’enquête : “Ce que j’aime le plus dans ma boîte ? Les responsabilités qui nous sont données dès le début et les managers qui nous font confiance rapidement pour développer des idées.”

Mobilité interne et petites attentions

Autre critère important pour les jeunes recrues : la possibilité d’évoluer au sein de l’entreprise sur d’autres postes ou secteurs géographiques. Là aussi, les entreprises présentes dans notre classement sont souvent très impliquées sur le sujet. Simon Péneau, campus manager chez Ubisoft France, l’illustre parfaitement : “La mobilité interne est très importante chez nous. Par exemple, moi, cela fait 4 ans que je suis rentré et j’ai déjà fait trois postes différents !” En plus des mobilités géographiques et verticales, la société encourage aussi les mobilités transversales (de l’audit vers les RH, par exemple). D’autres entreprises comme Air Liquide et Decathlon sont elles aussi réputées comme favorisant la mobilité interne.

A côté de ces facteurs essentiels, les petites attentions peuvent, au travail comme en amour, entretenir la flamme. Qu’il s’agisse d’événements “fun” organisés régulièrement pour créer du lien entre collègues, de conférences ou d’ateliers pour continuer à se former ou encore de services pour simplifier la vie des salariés (conciergerie, paniers de légumes, petit déj’ ou snacks à disposition, etc.), de plus en plus d’entreprises françaises ont emboîté le pas aux grands noms de la tech pour offrir ce genre de services à leurs salariés. Safran comme Deloitte proposent ainsi des services innovants de conciergerie d’entreprise à leurs équipes pour résoudre les petits problèmes de la vie quotidienne. Quand Ubisoft met chaque soir du pain à la disposition des salariés. Un détail, certes, mais qui peut faire toute la différence.

Augmentation de la productivité

Les entreprises françaises ont commencé à se soucier du bien-être au travail après la vague de suicides chez France Telecom notamment à la fin des années 2000. “Il a fallu éteindre l’incendie en mettant en place des mesures pour limiter les risques psychosociaux”, explique Loïck Roche de Grenoble Ecole de Management. “L’étape suivante, c’est quand les entreprises ont compris que le bien-être au travail pouvait améliorer la performance de façon durable.”

Un exemple frappant est celui du ministère belge de la sécurité sociale qui, entre 2009 et 2014, a mis en place des mesures radicales pour “libérer” ses équipes : horaires flexibles, pas de bureau attitré, possibilité de travailler de chez soi 3 jours par semaine, etc. Avec un bilan qui ferait rêver beaucoup de DRH. “La productivité a augmenté de 20 % au minimum et jusqu’à 350 % dans certaines équipes en les laissant juste s’organiser comme elles le voulaient”, raconte Laurence Vanhée, la Chief Happiness Officer en charge de cette transformation et qui a depuis fondé la société Happyformance qui accompagne les sociétés pour cultiver le bonheur au travail. “On a aussi réalisé d’énormes économies sur les coûts fixes (loyer, téléphone, énergie) et tout d’un coup on s’est mis à crouler sous les candidatures spontanées.”

Pas étonnant donc que les entreprises soient de plus en plus nombreuses à s’intéresser au bonheur au travail. “Parmi elles, il y en a qui ont senti le bon filon et pour qui c’est juste cosmétique, du genre “c’est à la mode, faisons une conférence !”. Mais d’autres prennent vraiment la démarche à coeur et avec courage”, assure Laurence Vanhée. Bref, la révolution semble bien enclenchée.

source : lesechos.fr

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