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Brexit : quelles conséquences pour les PME françaises ?

Brexit : quelles conséquences pour les PME françaises ?

 

Le 23 Juin 2016, la Grande-Bretagne organisera un référendum afin de définir si le pays doit rester dans l'Union européenne. L'approche de cette date est l'occasion de faire le point sur l'impact qu'aurait cette décision sur les PME françaises exportant vers la Grande-Bretagne et inversement.

Même si l'option d'une sortie de la Grèce ("Grexit"), à l'initiative de l'UE, a été évoquée à plusieurs reprises ces dernières années, aucun pays n'a jamais quitté l'Union européenne (si ce n'est le Groenland en 1985, avec une incidence limitée).

Les conséquences d'un Brexit -contraction de "British exit", qui désigne la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne. sont donc totalement inconnues et reposent sur des suppositions. S'il serait assurément un symbole désastreux en termes d'image pour l'Europe, les conséquences d'un Brexit sur l'économe française dépendront de la nature du nouveau partenariat que Londres négocierait avec ses homologues européens, et de son accès intégral ou non au marché unique. Analysons une par une les éventualités. La baisse du taux de change de la Livre Sterling Dans un scénario de "Brexit", la réduction du déficit extérieur du Royaume-Uni passerait probablement par une forte baisse du taux de change. A l'approche de la date du référendum, la livre sterling a déjà perdu près de 8% face à l'euro. En cas de Brexit, la monnaie anglaise pourrait rester à un niveau relativement bas pendant un moment. La Banque d'Angleterre a d'ailleurs augmenté ses réserves en devises étrangères pour lutter contre la volatilité. Une baisse de 20% de la livre sterling est évoquée. Celle-ci aurait pour conséquence de rendre les produits et matières premières britanniques moins chères pour les PME françaises, mais aussi de rendre les produits finis de PME françaises plus chers pour les clients anglais.

Dans le secteur du tourisme, les TPE et PME seraient les premières impactées, avec un impact immédiat sur les recettes du secteur estimé entre 500 millions et 1 milliard d'euros par an (source : étude France Stratégie). Un ralentissement de la croissance britannique En cas de sortie de l'UE, le cabinet PricewaterhouseCoopers a estimé à 100 milliards de Livres sterling la perte de revenus du Royaume-Uni d'ici 2020, soit 5,5% de son PIB. Le ralentissement de la croissance, entraînant une baisse de la demande des consommateurs anglais, pourrait pénaliser les PME françaises, comme l'ensemble des PME en Europe. Mais pas dans des proportions dramatiques puisque le solde de la balance commerciale est favorable à la France, qui exporte davantage que son voisin outre-manche dans leurs échanges bilatéraux. Le Royaume-Uni n'est que le septième partenaire commercial de la France. Néanmoins, si l'accès au marché britannique se complexifiait, ou si le Royaume-Uni établissait des accords commerciaux plus avantageux avec d'autres pays tels que les États-Unis, les entreprises françaises pourraient perdre des parts de marché. Et dans l'hypothèse où le pays ne réussirait pas à négocier un nouvel accord commercial avec l'UE après le Brexit, les échanges seraient régis alors par les règles de l'OMC, ce qui impliquerait une augmentation des coûts commerciaux, jamais bon pour les entreprises, et en particulier les PME.

Plus de barrières aux échanges commerciaux En partant du principe que l'adhésion à l'UE a réduit les coûts des échanges entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, non seulement par la suppression des barrières tarifaires, mais aussi par la réduction des obstacles non tarifaires dans le cadre du marché unique européen, on peut légitimement supposer qu'un Brexit aurait des conséquences inverses et que les sociétés britanniques auront un accès moins facile aux produits européens, et donc français. Les clients anglais des PME françaises, tout comme leurs fournisseurs anglais, risquent de réduire leurs transactions pour des raisons de coût et d'obstacles commerciaux. Ce qui signifierait à terme moins de débouchés pour les PME françaises, mais aussi une hausse des coûts d'approvisionnement auprès de leurs fournisseurs anglais, qu'elles devraient répercuter sur leur prix de vente, à moins de se tourner vers d'autres fournisseurs moins chers.

Vers un nouveau paradis fiscal ?

La Grande Bretagne n'étant pas dans la zone euro, elle possède déjà un statut à part sur l'échiquier européen. Dans le scénario le plus optimiste du Brexit, la place financière de Londres pourrait conforter son image de paradis fiscal, attirant davantage encore les entreprises européennes et françaises à l'installation, mais également les jeunes talents, séduits par des salaires plus confortables qu'en France. Pour les PME, il peut donc y avoir un appel d'air et une incitation encore plus forte qu'aujourd'hui à s'installer au Royaume-Uni pour trouver des conditions fiscales et salariales plus avantageuses. 

Repères

45% des exportations et 53% des importations du Royaume-Uni se font avec les pays de l'UE (chiffres 2014). Depuis son entrée dans l'UE en 1973, le Royaume-Uni a augmenté de 55% ses échanges avec les pays membres et son PIB par habitant de 20% (source : Centre for European Reforms). Les exportations de l'UE vers le Royaume-Uni ne représentent que 3 % du PIB de l'UE, alors que les exportations britanniques vers l'UE représentent environ 13 % du PIB britannique. Au total, le commerce avec les autres États de l'UE génère 3,3 millions d'emplois au Royaume-Uni (Source Parlement britannique).

Les pertes annuelles pour la France dues au Brexit pourraient être comprises entre 1 milliard d'euros d'impact immédiat et 13 milliards sur le long terme (source : France Stratégie).

source : http://www.chefdentreprise.com/


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