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Retraites complémentaires : les nouvelles réformes permettront-elles de sauver l'Agirc et l'Arrco ?

Retraites complémentaires : les nouvelles réformes permettront-elles de sauver l'Agirc et l'Arrco ?

Suite à l’accord trouvé vendredi dernier entre patrons et syndicats sur les complémentaires retraites des cadres et des salariés (Agirc / Arrco), plusieurs éléments changent de manière significative pour les salariés et les retraités. Explications et remise en contexte.

Le texte doit encore être voté le 30 octobre prochain, mais son adoption ne fait plus tellement de doutes : l’accord trouvé entre patronat et syndicats devrait permettre de résoudre pour les prochaines années les problèmes de court terme des complémentaires retraites des salariés et des cadres. Mais les vrais problèmes restent néanmoins repoussés à plus tard.

De quoi parle-t-on ?
Pour rappel, en France, les complémentaires retraites concernent les salariés du privé qui cotisent tous obligatoirement à la complémentaire Arrco. Les salariés cadres cotisent également de manière obligatoire à une seconde complémentaire : l’Agirc. Les cotisations donnent droit au versement d’une retraite complémentaire selon un système de points. Un peu plus de 10 millions de salariés sont concernés par ce système en France.

La particularité des caisses de retraite complémentaire est qu’elles ne peuvent pas emprunter d’argent pour subvenir à leurs besoins : toutes les prestations (versements de retraites) se font à partir des cotisations prélevées.

Pendant de nombreuses années, les complémentaires retraites ont été excédentaires : les cotisations des salariés étaient systématiquement supérieures aux montants versés aux salariés retraités. Néanmoins, avec le vieillissement progressif de la population et le maintien du chômage à un niveau plus élevé qu’en 2007, les régimes de retraite complémentaire sont devenus lourdement déficitaires depuis 2010. Le mouvement est voué à s’amplifier, réduisant comme neige au soleil les réserves des caisses complémentaires. Au point que les caisses de l’Agirc auraient dû être vides dans les prochaines années. Il devenait donc nécessaire d’agir pour l’Agirc.

Quels changements ?
Pour éviter une crise à court terme, les principales solutions acceptées vendredi sont les suivantes :

- Une fusion des caisses de l’Agirc et de l’Arrco en 2019, car les caisses de l’Arrco restent fournies alors que celles de l’Arrco approchent dangereusement du niveau zéro.
- Un recul de l’âge de la retraite à taux plein.
- Une hausse des cotisations patronales.

Quels effets ?
Les mesures prises resteront trop faibles pour que les complémentaires retraite, même fusionnées, parviennent à retrouver une stabilité financière à l’avenir. Les réformes devraient simplement permettre de ralentir le rythme du déficit annuel de ces régimes.

D’après les prévisions, les deux régimes fusionnés devraient perdre encore 5 milliards d’euros en 2017, puis entre 2 et 4 milliards d’euros par an entre 2020 et 2030. Des chiffres élevés, mais inférieurs aux prévisions d'avant les réformes : le déficit prévisionnel était jusqu'alors bien plus lourd, estimé à 8 milliards d’euros en 2020 pour passer progressivement à plus de 12 milliard par an en 2030. Les deux régimes n’auraient pas pu supporter un tel déficit : les caisses auraient été vides à un horizon compris entre 2023 et 2027 selon les différentes prévisions.

Reste qu’avec une poursuite du déficit chronique, les régimes de retraites complémentaires resteront mal orientés financièrement. La solution trouvée vendredi n’est donc que temporaire et ne permet pas de « sauver » les complémentaires retraites, mais au moins de repousser les difficultés à plus tard.

Source : Boursorama.com

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